Les Amis de l'Eglise de Noarrieu

L’association «Les amis de l’église de Noarrieu » a été fondée en mai 2019. Son objectif est de réhabiliter la petite église du quartier fermée au public pour des raisons de sécurité.

La mobilisation a porté ses fruits car la 1e tranche des travaux a pu être réalisée en début d’année 2021. En effet, les travaux de gros œuvre ont été menés à leur terme et l’église a pu reprendre de l’activité. Ces travaux ont été financés grâce à des dons et aux recettes d’animations organisées par les bénévoles.

Le bâti actuel date de 1910. Il a remplacé une antique chapelle détruite en 1924. Cette chapelle était intégrée à une commanderie de Saint Jean de Jérusalem active au Moyen Age. Elle était une annexe du réseau de Caubin, localisée sur un chemin secondaire de Saint Jacques de Compostelle menant à Orthez par les Soarns. Le recensement de Gaston Fébus datant de 1385 en fait mention et la désigne comme « L’Hospitau deus praubes de Noariu».

Francis Jammes a aimé ce lieu et s’en est inspiré pour certaines de ses œuvres : « Jean de Noarrieu », « Clara d’Ellebeuse » et « le roman du lièvre » en particulier. Ainsi parlait il de son livre « Clara d’Ellebeuse » : « De ce livre, j’écrivis la première page assis sur le seuil ébréché du cimetière de Noarrieu où j’ensevelis plus tard cette figure bien aimée… j’entends encore dans mon cœur pleurer la cloche de la chapelle qui m’était apparue il y a dix ans, toute feutrée de neige… ».Il appréciait le romantisme qui émanait de l’ancienne chapelle couverte de feuilles et s’est opposé à sa destruction. Il n’eut pourtant pas gain de cause face à la détermination du curé de Castetis : l’abbé Sérisé qui ne voulait plus officier « dans cette ruine » (sic).

 

L’église veille sur le cimetière où reposent les disparus du quartier. L’un d’entre eux a connu la notoriété et s’il repose à Noarrieu, il eut droit à des funérailles nationales à Notre Dame de Paris en 1947. Il s’agit d’Auguste Champetier de Ribes qui habitait au Paren sur les crêtes du quartier.

C’est dans sa maison familiale du Paren, qu’en décembre 1942, la Milice française vient l’arrêter pour l’interner (jusqu’en juin 1944). Il était accusé de trahison par le gouvernement de Vichy car il fut l’un des 80 parlementaires (sur 649) à avoir voté, le 10 juillet 1940, contre l’attribution des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Deux autres parlementaires béarnais se distinguèrent également par cette courageuse position : Maurice Delom-Sorbé de Séméacq et Jean Mendiondou d’Oloron.

A la libération, Auguste Champetier de Ribes fut l’un des premiers chefs de parti : le Parti Démocrate Populaire, a reconnaitre l’autorité du Général de Gaulle en qualité de chef de la France Libre. En 1946, il fut nommé procureur au procès de Nuremberg pour représenter la France.

Il fut nommé président du Conseil de la République (équivalent de l’actuel Sénat) mais la maladie l’empêche d’assumer sa mission jusqu’à son terme et il meurt en fonction, le 10 mars 1947.


Pour sa valeur patrimoniale et pour son ancrage dans notre paysage local, cette église va continuer à nous mobiliser : une 2e tranche de travaux nous attend. Il s’agit de la réhabilitation des peintures intérieures et la réfection des plâtres. La valorisation du site a commencé par la pose à l’extérieur d’un panneau historique.

Coordonnées : Siège social : Mairie de Castetis. Mail : amisdeleglisedenoarrieu@gmail.com